Double D: Développement durable et Déchets Médicaux: le Maroc peut-il
les concilier ?

El Adib Antoine

Juin 21, 2020

AGADIR, Maroc – Le Maroc fait face depuis mars 2020 à une crise sanitaire aux répercussions sans précédent et les Marocains vivent désormais avec l’habitude de prendre leur attestation leur masque et leur gel antibactérien afin de quitter temporairement leur état de confinement à domicile.

Ainsi il est évident que depuis le début de la crise, l’utilisation de produits médicaux tels que les masques chirurgicaux et autres produits concernant le domaine de la santé sont en constante hausse ces temps-ci.

Alors que le confinement a permis à la planète de respirer récupérant ainsi ces droits il nous illumine sur l’importance de l’environnement et les conséquences des actions de l’Homme à court comme un long terme. La gestion des déchets est une composante clé d’une vie plus coresponsable mais qu’en est-il de tout ce qui ne peut pas être mis dans les bacs à recycler ? Que fait le Maroc dans sa gestion des déchets médicaux?

Depuis 2009, le ministère de la santé marocain s’engage afin de se rendre vers une gestion plus responsable des déchets médicaux. Le décret du 21 mai de cette même année répertorie en 10 pages les différentes catégories et sous catégories de déchets de même que des consignes de tri, puis d’expédition. Une benne ne peut par exemple pas être remplie au-delà du 3 quarts et dans des sacs (en plastique) étanches et les expéditions de ces déchets doivent pouvoir être dûment suivies. Bien évidemment, ce sont des directives qui ne prend en compte que le traitement et la sécurité biochimique, sans prendre en compte la part d’écologie intrinsèque à ce sujet.

Car ces éléments usagés sont dangereux, à la fois pour nous comme pour la nature. De nombreux médicaments usagés ne sont pas filtrés par les stations d’épuration et présentent un danger pour nous comme pour la nature. En outre les masques, seringues et autres objets médicaux à usage unique sont à la fois un danger biochimique pour nous et peuvent (22 600 tonnes utilisées au Maroc) se retrouver facilement dans la nature.

Le Maroc, bien qu’ayant réalisé une nette évolution dans les années 2000 a fait face à de nombreuses critiques de la part des acteurs de la santé. Selon eux, malgré les décrets pris par les autorités, on est bien loin d’une gestion sanitairement sécurisée des déchets, et encore des très loin d’une gestion prenant en compte l’environnement. Car si de nombreux acteurs privés (questionnés pour leur banque de transparence) réalisent des appels d’offres au Maroc se veneant de leur efficacité mais n’indiquent pas forcément comment concilier sécurité et développement durable.

Le Maroc s’engage pour l’environnement mais étant donné son contexte social et économique, il est normal que sa gestion tâtonne et ne soit pas parfait. Signe d’évolution positive, un mois avant le début de la crise en février, le ministre de l’Énergie, des mines et de l’environnement, Aziz Rebbah indiquait à Rabat qu’un nouveau plan relatif à la gestion des déchets médicaux dangereux devait voir le jour. Face aux défis rencontrés hier et aux incertains auxquels nous faisons face aujourd’hui, il est évident que le regard de la société marocaine sur la santé va évoluer et prendre une grande place dans les débats nationaux. Reste à savoir si l’environnement sera quant à lui traité à sa juste valeur.

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