Une Nouvelle prise sur le COVID-19 et autres Zoonoses

Rim Grar

18 Avril, 2020

AGADIR, Maroc – Point souvent oublié par les médias mais aussi par nous consommateurs modernes, la propagation d’épidémies d’animaux porteurs à l’humain comme dans le cas du COVID-19 est bel et bien liée à un comportement écologiquement irresponsable. Ce fait est d’autant plus alarmant que ce genre de situation sera souvent amené à se reproduire. Pourquoi maintenant ?

Les agents pathogènes zoonotiques peuvent être acquis lors d'un contact étroit avec un animal, généralement par inhalation, ingestion ou d'autres mécanismes entraînant la contamination des muqueuses, une peau endommagée ou, dans certains cas, une peau intacte. Fort heureusement, il avait toujours été possible de réfréner les épidémies assez facilement, celles-ci ne touchant qu’une infime partie des populations et n’agissant que dans certaines régions généralement isolées et très proches d’environnement naturels.

Dans les dernières années, notre planète a connu de fortes vagues de déforestation, amincissant ainsi le fossé entre l’habitat naturel de l’homme et celui de l’animal, faisant ainsi augmenter leur contact et par la même occasion le risque de contracter une zoonose.

L’un des exemples passés les plus marquants de ce type de transmission est celui du HIV, causé par un virus affectant les primates sauvages ayant été partagé à l’humain via des fluides corporels infectés.

Comme l’a dit Eric F. Lambin, le George and Setsuko Ishiyama Provostial Professor à l’Université
Stanford's School of Earth, Energy & Environmental Sciences, co-auteur de l’étude «  How forest loss
leads to spread of disease » ou « Comment la perte de forêts mène à la propagation de maladies »
menée par Laura S. P. Bloomfield, Tyler L. McIntosh, « Nous, les humains, allons vers ces animaux »,
« Nous forçons l’interaction par la transformation des terres » (citations originales: "We humans go
to these animals," "We are forcing the interaction through transformation of the land."). Sommes-nous condamnés ?

La réponse n’est pas encore très claire mais la propagation d’épidémies de cette manière continuera et augmentera à mesure que la séparation homme/animaux sera ténue. Notre moyen principal de contrôle de la transmission des zoonoses à l’Homme est la création et l’entretient de « zones tampons » relativement petites, telles que des plantations d'arbres ou des projets de reboisement, autour des forêts riches en biodiversité qui permettraient une réduction considérable la probabilité d'interaction homme-primate sauvage. Serait également envisageable l'utilisation de ressources externes, telles que l'aide nationale ou internationale, pour fournir du carburant et des matériaux de construction ou des suppléments monétaires pourrait également réduire la pression poussant à la recherche de bois dans les zones boisées par les populations locales.

"En fin de compte, la conservation des terres et la réduction de la fragmentation des forêts sont notre meilleur pari pour réduire les interactions entre l'homme et les animaux sauvages", a déclaré le co-auteur de l'étude, Tyler McIntosh, un ancien étudiant diplômé du Stanford Earth Systems Program, qui travaille actuellement au Centre pour les priorités occidentales (citation originale « "At the end of the day, land conservation and the reduction of forest fragmentation is our best bet to reduce human-wild animal interactions").

Que faire à son échelle ? En tant que consommateurs, notre impact est loin d’être négligeable. Notre demande ou plutôt sa nature sont l’essence même du problème. Il s’agit non pas d’arrêter la consommation mais la changer, la rendre plus responsable au niveau écologique autant sur le marché alimentaire, industriel et immobilier, principaux secteurs causant des déforestations de masse. Face à des consommateurs attachés à une éthique verte, les producteurs ne pourront que changer leur manière de faire afin de l’adapter à cette société en pleine évolution.

Des petits gestes au quotidien comme supprimer l’huile de palme de son alimentation, consommer « moins et mieux » de protéines animales, acheter son bois localement et la pratique de l’économie circulaire peuvent, à plus grande échelle faire un différence réelle sur l’ampleur de la déforestation, la réduisant drastiquement et permettant ainsi une protection presque infaillible face aux épidémies d’origine animale.

La protection de la planète, des forêts, est intrinsèquement liée à la propagation des zoonoses et rend impérative la reforestation de masse sous la menace cette fois-ci au niveau sanitaire de nouvelles épidémies telles que le HIV et le Covid-19 de plus en plus rapides, nombreuses et lourdes en conséquences, le bilan humain pouvant devenir critique dans un futur bien plus proche que ce que l’on pourrait penser.

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